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Retour sur la Digital Night 2026

Dans les locaux de CESI  école d’ingénieurs à Lagord, les nombreux participants ont pu échanger et approfondir leur connaissance de ces enjeux à travers une table ronde, puis de manière ludique via un escape game. Enfin, l’œuvre multimédia collaborative réalisée par Gil Machac a été dévoilée, suscitant une mise en perspective différente sur ces transformations.

Que retenir de la table ronde ?

Difficile de retranscrire toute la richesse des échanges entre nos trois intervenants. Pour s’en approcher, nous avons choisi de mettre en lumière les temps forts de cette discussion, organisée autour des grandes questions qui ont rythmé le débat.

Les IAG bouleversent les métiers

Le constat partagé par les participants est unanime : les transformations sont déjà à l’œuvre. Hébert-Marc Gustave, avocat en droit du numérique et fondateur de Lock-T, en témoigne directement : « Les changements sont d’ores et déjà visibles. Nous, avocats, recevons de la part de nos clients des éléments générés qu’ils nous demandent de vérifier. Les enseignants ne savent pas comment évaluer les copies faites à la maison… » Pour lui, cette réalité impose un cadre, « d’où la nécessité d’adopter des règles comme l’IA Act au niveau macro et les chartes IA et IA responsable au niveau micro. »

Ce bouleversement s’inscrit également dans un rapport de force international. Sandira Calviac, directrice générale de Nistana Ventures, société de capital-risque basée à San Francisco, rappelle ainsi un basculement : « La France était première en matière d’IA. Aujourd’hui, le leadership d’accès au marché s’impose à nous par les entreprises américaines, qui assument de détruire des emplois. L’Europe assume moins cet aspect, elle est plus dans la réglementation. »

Face à ces évolutions, l’attentisme des dirigeants n’est pas sans danger, comme le souligne Frédéric Buron, directeur Transformation Digitale et fondateur de Keycend : « chacun voit d’ores et déjà ces changements de manière individuelle. Il faut savoir que lorsque les dirigeants sont en position passive, ils risquent le shadow IA dans leur entreprise, avec des utilisations cachées et non sécurisées. »

La productivité en question

Au-delà des métiers, ce sont les modes de production qui se transforment. Frédéric Buron explique : « Certaines technologies comme les AI builders sont disruptives. Ce marché explose depuis 2024. On peut désormais réaliser des applications en langage naturel, modifiables ensuite par itération. » Il en donne un exemple concret : « Il est possible de créer très facilement un outil de génération de commandes face à l’état des stocks. »

Cette quasi-absence de freins techniques déplace, selon Sandira Calviac, le cœur de nos compétences : « Aujourd’hui, il n’y a plus vraiment de limites aux solutions que l’on peut mettre en place. Nos métiers vont peut-être s’orienter de plus en plus vers la bonne définition des problèmes à résoudre. La Chine a déjà commencé à intégrer cette compétence dans les programmes scolaires. »

Mais cette montée en puissance appelle à la vigilance. Hébert-Marc Gustave invite chacun à clarifier son rapport à l’outil : « Les usages se généralisent. Attention : si on utilise l’IA pour s’améliorer, d’accord. Mais si on utilise l’IA pour se remplacer ou remplacer ses équipes, on perd du savoir-faire. À chacun de définir sa relation à l’IA. »

Les risques posés par ces évolutions

Ces gains de productivité soulèvent une question plus profonde, que pose Sandira Calviac : « Chaque révolution technologique nous promet de gagner du temps, mais du temps pour quoi faire ? Cela pourrait être une opportunité pour repenser intégralement nos systèmes. Ces questions devraient être prises à bras le corps par toute la société. »

Aux côtés de ces enjeux de société, Hébert-Marc Gustave identifie des risques plus immédiats, juridiques mais aussi humains : « Les risques juridiques sont connus, en particulier concernant le droit d’auteur et la confidentialité des données personnelles. Mais on voit apparaître chez les utilisateurs de nouveaux risques, comme l’IA anxiété : la perte de sens au travail, voire même la peur de se perdre soi-même. »

Comment garder notre esprit critique ?

Pour conclure, les intervenants ont livré leurs recommandations. Frédéric Buron mise sur la formation et la connaissance des divers modèles : « Je conseille de s’acculturer sur les différentes IA, de comparer leurs réponses face à une même demande. Et de ne pas oublier de conserver un esprit critique de soi-même, dans sa relation à l’IA. »

Sandira Calviac plaide pour une démarche d’introspection quotidienne : « Il me semble nécessaire de se questionner individuellement chaque jour sur ce qu’on veut faire avec l’IA. »

Enfin, Hébert-Marc Gustave a élargi la réflexion à l’échelle de toute la société : « Demain, 50 % des interactions en ligne pourraient se faire via l’IA agentique. Qu’est-on prêt à déléguer à ces agents ? Que faire du temps gagné ? Ce serait un sujet de thèse : quel humain veut-on demain ? »

Merci à nos trois intervenants experts pour leurs éclairages et à notre animatrice des débats : Aurena Hallouin (CESI).

Le mot de l’artiste

L’installation multimédia SPAM a été dévoilée aux participants en clôture de la Digital Night. Composée par l’artiste Machac.art, cette œuvre interroge notre relation au numérique sur le temps long. En effet, elle remet à l’honneur des créations réalisées par des artistes digitaux dans les années 90, issues de la collection personnelle de Machac.art. Celles-ci sont présentées sur des écrans de récupération, assemblés en une sculpture impressionnante de plusieurs mètres de hauteur. Au-delà de l' »effet whaou », elle se découvre aussi de plus près, distillant des questionnements toujours d’actualité présents dans les images à l’esthétique vintage. De quoi nourrir de nombreuses réflexions lors du cocktail qui a suivi l’inauguration.

« Merci à toute l’équipe Digital Bay de m’avoir fait confiance. Je suis très heureux du résultat final : nommée SPAM, cette sculpture a la dimension que je souhaitais, aussi bien en termes de taille que d’impact. Nous avions un bel espace pour l’exposer. J’ai bénéficié de l’aide du Fab Lab CESI pour la mise en œuvre. La DSI de l’agglo de LR, la société AROBAZ de Dompierre, l’éco-réseau Biotop ont aussi été très solidaires : un grand merci à tous !

Le fait de mener des interviews dans le cadre du projet avec les acteurs rochelais du numérique m’a donné l’occasion de mieux connaitre l’écosystème. Je pense que cette opération me donne la possibilité d’aller plus loin. J’aimerais faire le lien entre l’art, les entreprises du numérique qui ont forcément une dimension créative et les grandes sociétés. J’ai des projets qui vont dans ce sens. »

On a hâte d’en savoir plus !

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Merci à l’ensemble des participants, des intervenants et des partenaires d’avoir contribué au succès de cette neuvième édition autour des métiers du numérique et de celles et ceux qui les font vivre sur le territoire.

Rendez-vous l’année prochaine !

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