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Interview de Gil Machac

Peux-tu nous parler de ton métier ?

Je me définis comme un concepteur. Pour les institutions, les marques, les artistes ou les gros événements, j’apporte à mes clients des concepts innovants, engageant ma connaissance de la technologie.

Pionnier du streaming média dès 1996, 10 ans avant YouTube, j’ai travaillé pour des chaines de TV (VOD) ou encore pour les premières diffusions web en live de grandes entreprises. Dans toute technologie numérique, on trouve des écrans, d’où la nécessité de créer des images. Donc j’ai toujours eu un pied dans l’industrie, un pied dans la création artistique.

Aujourd’hui, je créée en mon nom propre des œuvres alliant digital et physique. J’aime interroger la culture du numérique et ses conséquences sur nos sociétés, à partir d’un corpus que je me suis constitué au fil des années par mes rencontres, ma pratique, mes lectures…

Tu as créé une œuvre multimédia pour Digital Bay à l’occasion de la Digital Night, peux-tu nous en dire un peu plus ?

L’idée, au-delà de l’œuvre, c’était de raconter une histoire. J’ai proposé aux équipes de Digital Bay le concept de la soirée : un parcours intégrant un teasing, des interviews, un jeu collaboratif, puis la découverte de l’œuvre elle-même.

Quand je réalise ce type d’installation, j’utilise du matériel d’occasion, pour des raisons de format, mais aussi pour des raisons de cohérence. Ça fait partie de ma démarche, ce qui correspondait à la dimension numérique responsable de Digital Bay. La DSI de La Rochelle Agglo et la société AROBAZ m’ont prêté des écrans inutilisés. Je leur donne ainsi une seconde vie.

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L’autre aspect, c’est que je souhaite montrer des œuvres numériques risquant de tomber dans l’oubli. Au début de ma carrière, j’ai créé un label de musique électronique. En ce début des années 90, dans les raves, on projetait des images et de courtes boucles digitales conçues avec les tout premiers PC multimédia. Les artistes expérimentaient la première vague du numérique et les prémices du web. Ces œuvres pionnières étaient vouées à l’événementiel et n’intéressaient pas le marché de l’art. Cette génération a donc été largement oubliée, invisibilisée. J’ai conservé une collection personnelle de 3 500 œuvres nommée « Raverse 90 ». Pour l’installation de Digital Bay, j’en ai sélectionné plusieurs : les questionnements d’hier font écho à ceux d’aujourd’hui.

Au final, qu’est-ce qui te fait lever le matin ?

C’est la création. Avoir des idées, mais surtout les réaliser : c’est ce qui me fait avancer dans la vie !

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